Suite à la polémique sur les chiffres de l’ANPE, Leïa, qui était jusqu’alors en panne complète d’inspiration, a souhaité reprendre son travail de journaliste. Elle s’est alliée à Tao pour (et sauf le respect d’Esteban) faire un reportage sauvage au sein de cet organisme défendant le droit inaliénable au travail. Nous vous retranscrivons cette aventure sous forme d’entretien avec nos deux amis journalistes.
Directeur de l’ÉNL :
« Alors jeunes gens, ce petit rendez-vous à l’ANPE, comment ça s’est passé ? »
Leïa :
« Mal très mal, encore pire que ce à quoi on pouvait s’attendre, nous en sommes très satisfaits »
Acquiescement de Tao
Le Tao :
« En effet, ça ne pouvait plus mal commencer. Avec Leïa, on avait décidé de s’y présenter en même temps, mais séparément. Elle avait un rendez-vous, quant à moi je voulais tester une visite surprise pour voir l’accueil qui me serait réservé. Et à peine ouvrait-on la porte que… »
Leïa et Le Tao éclatent de rire ensemble
Directeur de l’ÉNL :
« Poursuivez… »
Leïa (reprenant son souffle) :
« Eh bien, Le Tao était derrière moi, et j’ai voulu ouvrir la porte, mais là, j’ai vite reculé car une jeune femme a failli m’écraser la porte sur le nez. Elle était furibarde, bafouillait à moitié, mais on a quand même compris ce qu’elle était en train de dire ! »
Le Tao (imitant une voix de femme en colère) :
« Ah ben bravo l’ANPE c’est à ça que ça sert ! A rien ouais ! Tous des branleurs, incapables de rien foutre pour ceux qui galèrent !... »
Directeur de l’ÉNL :
« Je vois, je vois, poursuivez. »
Leïa :
« bon ben, après avoir laissé passer la tornade nous sommes entrés, en se dirigeant vers l’accueil. Il y avait cette femme qui discutait avec la guichetière. Un peu comme mon cher collègue, elle n’avait pas pris rendez-vous, et squattait (occupait, ndlr) carrément la gentille dame. Pendant ce temps, nous on faisait le pied de grue, alors que les chaises rouges et la table remplie de journaux de grande qualité (Métro, Lille plus…) nous tendaient les bras ! »
Le Tao :
« Finalement, la guichetière a réussi à esquiver la squatteuse, a jeté un rapide coup d’œil à la convocation de Leïa, en lui désignant de suite une chaise rouge. Puis elle s’est occupée de mon cas. »
Leïa :
« Moi j’ai attendu environ 20 minutes (tiens, un autre journal de qualité présent sur la ‘table d’attente’[1], ndlr), donc j’ai pu tout à mon aise observer Le Tao dans sa quête d’absolu. » [Éclats de rire chez nos deux journalistes en herbe (so cute, ndlr)] « En fait, ils l’ont fait tourner en rond pendant tout ce temps. Ils lui ont d’abord fait remplir des papiers, mal installé sur un coin de mange debout. Ensuite ils lui ont fait faire le tour des tableaux d’offres d’emplois… »
Le Tao :
« Les trucs les plus bidons que j’ai jamais vus de ma vie, ces tableaux. Il fallait voir les dates des annonces, périmées depuis belle lurette, et si j’ai bien compté, il y en avait douze… Non vraiment c’est un scandale ! De là, ils ont voulu me faire me connecter à l’ordinateur, qui d’après eux était rempli d’annonces intéressantes, tu parles ! L’ordinateur n’a jamais voulu se connecter à Internet, alors ils m’ont prié bien gentiment de sortir pour revenir cet après-midi, ou bien me connecter ailleurs. Je me suis exécuté, mais j’ai vraiment eu l’impression qu’on me prenait pour un rigolo ! »
Directeur de l’ÉNL :
« Et toi Leïa, bilan ? »
Leïa :
« Bien qu’à l’heure à mon rendez-vous, je vous ai dit que j’avais eu tout le loisir de regarder le petit manège de mon collègue. Et quand il fut gentiment, bien que fermement raccompagné à la porte, on m’appela enfin. Une dame me fait entrer dans son box, en fait un espace d’environ 1m50 carrés, séparés du voisin par une cloison basse en plexi. Tout est moche, minable et riquiqui là-dedans, rien à voir avec les bureaux de l’ ÉNL ! Je bénis mon statut de journaliste et suis très heureuse de ne pas travailler dans ces conditions ! » [Acquiescement complice du directeur] « Ensuite, c’est là que ça s’est vraiment gâté… Ma couverture pour la mission, c’était de dire que je recherchais un travail dans l’audiovisuel, par rapport à mes études, il fallait garder une certaine cohérence. Alors, je lui demande naturellement si je peux avoir un conseiller spécialisé dans ce domaine. Et là le couperet tombe ; suis-je intermittente du spectacle ? (Non mais ça va pas la tête, il faut être fou ! ndlr) Non, lui réponds-je. Eh bien, dans ce cas, je ne peux être suivie par un tel conseiller ! J’ai toutefois le droit de consulter les offres (quasiment inexistantes) et d’y postuler, mais je n’aurais pas droit à un accompagnement personnalisé. Devant cette incohérence énorme, et ce refus manifeste d’acquiescer à mon étonnement de la part de mon interlocutrice, je la gratifie de mon plus beau sourire faux cul et prends congé de sa personne… »
Eclats de rire de Le Tao, et regard interrogateur du directeur
Le Tao :
« Moi je l’attendais dehors, mais elle ne m’a pas trop fait attendre, son entretien a duré à peine 15 minutes, et j’ai bien vu quand elle est sortie (même si je dois être le seul) le fuck qu’elle a lancé à la ronde ! »
Leïa et Le Tao pouffent de rire, le directeur les regarde un sourire aux lèvres
Le directeur de l’ ÉNL :
« C’est bien les enfants, du bon boulot ! Tant que j’y pense, ça vous dirait de retenter l’expérience aux Assedic la semaine prochaine ? »
Leïa et Le Tao (d’une même voix) :
« Oh oui chef ! »
[1] Contraction très en vogue à l’ ÉNL de ‘table de salle d’attente’
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