Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944 :
« Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944. »
Le nouveau site de l’École Néogonzo de Lille est disponible ici : www.lille43000.com
« Et y’aura de la pub dans ton émission ? », nous demanda-t-on au rassemblement du Collectif des Déboulonneurs de Lille. Tu m’étonnes ! Trois journalistes néogonzos qui ramènent leur tronche de cake avec des petites caméras (le top sur le marché nippon, ndlr) à une manifestation anti-publicité (ou devrais-je dire « alter-publicité », ndlr), ça peut faire bizarre ! Vous pouvez nous jeter l’opprobre ; après tout, nous suçons bien les boules à TF1 Network… Va falloir changer ça !
Hier, mercredi 23 janvier 2008, le Collectif des Déboulonneurs de Lille se rassemblait pour réaliser sa douzième action de barbouillage antipublicitaire, « spécial soldes et publicité : liquidation totale, tout doit disparaître ! ». Les Déboulonneurs sont des résistants qui usent avec brio de l’espace public pour exprimer, à la vue de chacun, leur contestation envers la pollution publicitaire urbaine. Des résistants non-violents, adeptes de la désobéissance civile. Leurs méthodes : le barbouillage, les tracts, le dialogue et les déclarations amplifiées (presque pas) improvisées. Vous allez me dire : « ça barbouille, ça barbouille… ok, mais ça barbouille quoi ? » Eh bien ça barbouille de la peinture sur les panneaux publicitaires ; la peinture est sprayée avec zèle, ça gicle et dégouline ! Ca fait chaud au cœur des néogonzos ! La publicité urbaine est pire que le graffiti vil ; elle est tyrannique, elle agresse, elle stéréotype nos vies, elle déforme le langage commun pour en faire un code systémique, « marchand », qui modifie les fondements de nos systèmes cérébraux.
Des experts néogonzos, dépêchés récemment sur le terrain lillois, nous ont rendu un rapport stupéfiant sur la publicité ; en voici quelques extraits : « Les panneaux de publicité en ville agissent directement sur la rétine humaine.[…] Cette dernière, fixée sur une image publicitaire, fond alors instantanément, et se reforme, sitôt, radicalement différente. Après quoi, l’œil ne verra plus la même chose : l’être humain verra sa propre image sur le panneau publicitaire, au sein de la scène. » Voilà un rapport alarmant mais non reconnu par la communauté scientifique !
Les Déboulonneurs défouraillent à tout va et remettent la publicité à sa place, à l’heure où les gens rentrent du boulot. Pour commencer, de la peinture fut projetée sur un panneau du rond-point Porte des Postes, jusqu’au moment où la phrase « Publicité = pollution visuelle et mentale » apparut. Le mégaphone marchait à plein gaz ; les scènes publicitaires furent décrites et décriées, puis peinturlurées, toujours devant les badauds. La deuxième cible du collectif se trouvait un peu plus haut dans la rue des Postes ; un gigantesque panneau effrayant par sa taille et sa lumière criarde… il était impossible de le laisser là, intact et immaculé. Ce « 4 mètres par 3 » était tagué du pseudo « Avenir », une filiale du crew « J.-C. Decaux », premier responsable de la dégradation publique en France (avec CBS bien sûr, ndlr). Il fallait une échelle, on apporta une échelle et le barbouillage s’accomplit dans la sérénité renommée de la rue des Postes : « Penser au lieu de Dé-Penser ».
Quelques minutes s’écoulèrent et la fin du douzième barbouillage semblait approcher. Les gens parlaient de rejoindre la manifestation des sans-papiers. On chanta tout de même une petite chanson, Le Déserteur de Vian revu à la sauce « déboulonnage », Le barbouilleur. Tout le monde commençait à se dire : « Eh merde ! La police ne se décide toujours pas à venir ! ». Car les Déboulonneurs cherchent la confrontation avec l’État, se faire interpeller et, pourquoi pas, être entendu par la justice. Dans quel but ? Etablir un débat sur la place publique, car leur résistance est on ne peut plus légitime. Malheureusement, les autorités semblent ne pas vouloir intervenir, dans un but politique évidemment, pour conserver le plus longtemps possible le statu quo de la pollution publicitaire.
A Lille, la police n’est intervenue qu’une fois depuis le début de leurs nombreuses actions… jusqu’à hier soir. En effet, une patrouille de police, n’étant apparemment pas du tout au fait de l’action antipubliciatire, prit son courage à deux mains et vint à la rencontre du collectif ; une bourde que la préfecture n'a pas dû apprécier. Après une petite discussion souriante, l’auteur du graffiti sur le « 4 par 3 » avoua logiquement son acte de résistance citoyenne. Le policier eut un peu de mal à comprendre l’objet de cet acte, mais se décida tout de même à appeler le central, « pour voir si une chambre [était] disponible ». Il était bien sympa le policier (mais qu’est-ce que je dis, moi ! ndlr) et, en raccrochant, il dit gaiement : « c’est bon, on a une chambre pour vous… Mais c’est bête, à une semaine près, vous auriez eu droit à une nouvelle chambre tout confort, dans le nouveau commissariat à côté… ». Service hôtelier, touristique ? Ou service de police ? On ne perçoit plus trop les multiples facettes de la fonction publique. Quoi qu’il en soit, notre cher Déboulonneur fut embarqué, sans les menottes, et les autres qui disposaient d’un vélo décidèrent de se rendre au commissariat (le décrépit, ndlr) pour soutenir leur ami. Notre reportage sauvage s’arrêta là mais nous espérons avoir rapidement des nouvelles du collectif au sujet de cette arrestation (Pourriez-vous nous laisser des messages ? ndlr).
Les Déboulonneurs ne sont pas du genre à critiquer sans proposer. Ils préconisent un affichage publicitaire d’une taille maximale de
Les comptes rendus des Déboulonneurs
Jack
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Extrait de l'édito du Canard enchaîné, 10 septembre 1915 (premier numéro) :
« Le Canard enchaîné prendra la liberté grande de n’insérer, après minutieuse vérification, que des nouvelles rigoureusement inexactes. Chacun sait, en effet, que la presse française, sans exception, ne communique à ses lecteurs, depuis le début de la guerre, que des nouvelles implacablement vraies. Eh ! bien, le public en a assez ! Le public veut des nouvelles fausses. Il en aura. »
C'est dit