C’est toujours très intéressant d’aller le dimanche matin au Nouveau Siècle pour assister aux conférences des Universités Populaires. Grâce à ces réunions du troisième âge, j’ai pu voir le très célèbre historien André Kaspi, dont les travaux sur les Etats-Unis m’ont beaucoup servi, François Chérèque, qui est venu en plein mouvement anti-cpe, et donc il n’y a pas longtemps, le 17 décembre, André Glucksmann venant déblatérer ses idées restreintes sur la liberté.
En général, je me ramène toujours dix minutes en retard, quand la caisse est remballée, et me faufile discrètement dans l’amphithéâtre pour ne pas avoir à payer. Mais cette fois-ci, ma technique très astucieuse a failli ne pas marcher. Une hôtesse m’attendait à l’entrée et voulut vérifier ma carte de membre. Ni une ni deux, un petit sourire et hop, la porte m’était ouverte « exceptionnellement ».
André Glucksmann ! Il est gentil mais un peu bête quand même… pourquoi ? Je m’explique :
- Comment peut-il traiter de la liberté sans aborder une seule fois, durant l’heure et demi de conférence, le thème de la manipulation des masses qu’elle soit consciente ou inconsciente, directe ou indirecte ? Pour lui, la liberté est juste le résultat de la réalisation de nos désirs. Si l’on a ce qu’on veut et si l’on fait ce qu’on veut, nous sommes libres… C’est idiot, n’est-ce pas ? Quand nos désirs sont dictés par les images, par les scènes de vie d’autrui, comment affirmer que nous sommes libres ? l’écran plat de télévision, n’est-il pas une invention de besoin ? Même les plus rebelles, les plus anarchistes sont en proie aux contraintes de leur étiquette. Ils ne sont pas libres et déclarent savourer leur liberté…
- Par le biais de Montaigne, Glucksmann parle de la liberté exclusive dans la mort. Apprendre à mourir c’est être libre car face à la mort, personne ne part avantagé. C’est bien vu… Mais alors pourquoi ne s’intéresse-t-il pas aux philosophies orientales qui considèrent la mort comme une réflexion quotidienne ? Les samouraïs, par exemple, voient, tout comme Montaigne, leur liberté propre dans la mort. Etre libre de mourir. Mais cette liberté ne s’obtient pas comme cela. Apprendre à tuer c’est apprendre à mourir. Etre libre de tuer c’est être libre de mourir, voilà, selon le Bushido, la liberté dans son absolu. Peut-être que cette liberté de l’assassin ne colle pas trop avec la liberté occidentale de Glucksmann qui, finalement, se matérialise beaucoup trop dans le cadre d’une société, d’une démocratie et donc comme une vision restreinte de la liberté de l’humanité. Pourquoi ne parle-t-il pas du meurtre comme condition de la liberté ?
Je n’ai malheureusement pas pu lui poser toutes ces questions, puisque aucun débat n’a été engagé, et que, compte tenu de ma situation de profiteur abusif, il ne fallait pas trop que je me fasse remarquer…
C’était Jack de L’Error pour le Déco.
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